Table ronde contre la montée des contenus haineux sur internet

 
Le 8 avril, la L’Initiative de Prévention de la Haine a participé à la 2e table ronde organisée à l’initiative de SOS Racisme sur le thème de la montée des contenus haineux sur Internet. Cette table ronde a réuni non seulement les principales associations anti-racistes, féministes et de lutte contre l’homophobie, mais également les acteurs du monde de l’Internet, comme par exemple Microsoft, Wikimédia et des associations défendant la liberté d’expression sur Internet.

 Les échanges, destinés faire émerger des solutions concrètes pour lutter contre la prolifération des contenus haineux sur Internet, ont permis d’insister sur la nécessité d’encourager à une responsabilité collective des citoyens, et plus particulièrement des internautes eux-mêmes, pour qu’ils soient sensibilisés à cette question. Les moyens juridiques et techniques d’action de senibilisation contre la diffusion des contenus haineux ont été évoqués, notamment pour renforcer la responsabilité des hébergeurs et des fournisseurs d’accès et faciliter ainsi le retrait des contenus illicites sur Internet.

L’Initiaive de prévention de la Haine a déclaré, à cette occasion, par la voix de son Président Philippe Coen, accompagné du Secrétaire Général David Alexandre :

  »L’Initiative de Prévention de la Haine estime que la loi ne peut tout résoudre, particulièrement sur un

sujet transfrontière. Il est également précisé qu’il faut travailler sur la soft law et l’autorégulation. Il est

fait état de la norme PEGI qui avertit le consommateur sur la teneur du contenu lors de l’achat d’un

jeu vidéo. L’Initiative de Prévention de la Haine suggère de ne pas sur-référencer la haine ; il est fait

état d’une neutralité responsable sur Internet. »

 

from the web. Brain a écrit sur l’Initiative

« Les  »éléments de langage » selon Mein Kampf

Mercredi, 25 Avril 2012

Mein Kampf va être republié en Allemagne pour la première fois depuis 1945, à l’horizon 2015, date où ses droits d’auteurs tomberont dans le domaine public.  Il s’agira de la première édition historique et critique du texte en allemand, dont le contenu est aujourd’hui fort heureusement obsolète et inoffensif, comme par exemple ce passage sur ce que l’on nommerait sans doute aujourd’hui « les éléments de langage » :

« Toute propagande doit être populaire et placer son niveau spirituel dans la limite des facultés d’assimilation du plus borné parmi ceux auxquels elle doit s’adresser. Dans ces conditions, son niveau spirituel doit être situé d’autant plus bas que la masse des hommes à atteindre est plus nombreuse. Mais quand il s’agit, comme dans le cas de la propagande pour tenir la guerre jusqu’au bout, d’attirer un peuple entier dans son champ d’action, on ne sera jamais trop prudent quand il s’agira d éviter de compter sur de trop hautes qualités intellectuelles.

Plus sa teneur scientifique est modeste, plus elle s’adresse exclusivement aux sens de la foule, plus son succès sera décisif. (…) La faculté d’assimilation de la grande masse n’est que très restreinte, son entendement petit, par contre, son manque de mémoire est grand. Donc toute propagande efficace doit se limiter à des points fort peu nombreux et les faire valoir à coups de formules stéréotypées aussi longtemps qu’il le faudra, pour que le dernier des auditeurs soit à même de saisir l’idée. »
(Adolf Hitler, Mon Combat, trad. Gaudefroy-Demombynes, Paris, NEL, 1934, p.181)

Il n’existe toujours pas à ce jour d’édition de référence annotée en anglais ou en français. la seule édition scientifique en langue anglaise date de 1943, et la seule traduction intégrale française – très largement insatisfaisante, de 1934. Il existe plus de 100 000 ouvrages biographiques sur Hitler, mais son manifeste n’a été ni retraduit ni annoté scientifiquement depuis la fin de la guerre. Il est aujourd’hui plus facile de connaître le nombre de testicules du Führer (3) que de s’informer sur la lettre de son principal ouvrage.

En savoir plus sur l’initiative pour une republication historique et critique de Mein Kampf en Europe sur www.hateprevention.org.

J.B. »

 http://www.brain-magazine.fr/article/page-president/9605-Les-__%C3%A9l%C3%A9ments-de-langage__-selon-Mein-Kampf

Tribune Initiative: « Alerte à la haine en Grèce » (in Le Monde)

 
Le Monde.fr | Par Philippe Coen, fondateur de l’Initiative de prévention de la haine et Eric Diamantis, avocat, vice-président du conseil d’administration de l’Ipemed

Tous les ingrédients de l’inflammable cocktail haineux sont rassemblés : théorie du complot, mises au pilori de personnalités « cosmopolites », chasses au faciès et ratonades, communautarisation des esprits…

La montée des populismes en Grèce ne faiblit pas. Au contraire, le parti de gauche dure Syriza caracole en tête des sondages, devant le parti de la majorité actuelle, Nouvelle Démocratie, suivi du parti néonazi Aube dorée. Des politiques influents au sein de Nouvelle Démocratie sont issus d’un autre parti de la droite extrême, le LAOS.

C’est dans ce contexte que l’on assiste à une agitation politico-médiatique autour de la « liste Lagarde », censée recenser les comptes de la succursale genevoise de HSBC ayant des détenteurs grecs.

Ces jours derniers encore, nombre de médias grecs continuent à agiter des « théories du complot » sur l’évasion fiscale autour de la liste Lagarde, tandis que depuis le début du mois de février la commission parlementaire enquêtant sur la question mène des auditions à grand spectacle. L’enquête progresse de curieuse façon : la liste des Internet users correspondant aux comptes HSBC, pourtant formée des employés de back office, sont dans le collimateur de la presse, voire de la section de lutte contre la criminalité économique et financière du procureur !

Pour détourner sans doute l’attention sur le fait que la « liste Lagarde » pourrait mettre en cause d’anciens ou actuels dirigeants grecs, un député, ancien vice-premier ministre et ancien ministre grec des finances, issu du Pasok, avait déclaré en octobre devant une commission du Parlement qu’il avait retiré d’un rapide examen d’une version de la liste « l’impression désagréable que trois des noms étaient ceux de Grecs d’origine juive ». A suivi une campagne contre Sabby Mionis, philanthrope grec maintenant basé en Israël, dans des médias proches de Makis Voridis tels que le quotidien à sensation Demokratia prétendant apporter de nouvelles révélations sur la « liste Lagarde » et « le gréco-juif aux mille visages » (titre du 9 décembre 2012), repris par de nombreux blogs.

Le leader socialiste grec semble depuis avoir fait amende honorable en assurant le président de l’organisation de la communauté juive grecque de ses bonnes intentions, tandis que son porte-parole répondait dans ce sens au chroniqueur Jean Cohen.

Kostas Vaxevanis, journaliste et rédacteur en chef de Hot Doc, a dénoncé dès décembre la campagne menée contre le philanthrope, et souligné le rôle de Makis Voridis, ex-dirigeant du Front Hellénique, qui a tenu à plusieurs reprises des propos négationnistes, proche de Bruno Gollnisch et de Carl Lang et ancien ministre des transports du gouvernement de coalition de Lucas Papademos (de novembre 2011 à mai 2012), aujourd’hui membre de Nouvelle Démocratie.

LA DÉMOCRATIE MISE À L’ÉPREUVE

La démocratie en Grèce est une fois de plus mise à l’épreuve. La crise économique ne peut expliquer à elle seule un tel déferlement. Elle met cependant en lumière une difficulté à gérer et accepter les minorités, difficulté que partagent les autres membres de l’Union européenne mais qui s’exprime de manière particulièrement exacerbée dans ce pays frontière, soumis à une forte immigration clandestine. Cette « pathologie », si elle n’est pas endiguée, risque fort de s’étendre au-delà des frontières de la Grèce.

Rappelons aussi que ce constat est partagé par un grand nombre de Grecs. Ainsi, plusieurs centaines de Grecs et d’immigrés ont participé samedi 19 janvier à un défilé pacifique à Athènes contre le racisme et l’extrême-droite pour protester contre les agressions xénophobes qui se sont multipliées en Grèce.

Lire la suite:

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/03/04/alerte-a-la-haine-en-grece_1842547_3232.html

Il est temps également de prendre, au-delà de la seule Grèce, la mesure du risque de désagrégation du tissu humain et moral qui a fait l’Europe et de réagir à la montée des égoïsmes nationaux ou identitaires, dans l’intérêt même des populations européennes. Lorsque la Grèce souffre de xénophobie rampante, c’est l’âme de l’Europe qui est atteinte. L’Union européenne, le gouvernement grec et nos gouvernants locaux ont la capacité à agir ensemble pour appeler à la vigilance les leaders d’opinion de la Grèce (y compris l’influente Eglise orthodoxe). Il est des combats qu’il est nécessaire de mener avant qu’il ne soit trop tard.

Communiqué de Presse : « Les appels à la haine sur Twitter: l’Initiative de Prévention de la Haine plaide pour une neutralité responsable de l’internet »

 

Les appels à la haine sur Twitter: l’Initiative de Prévention de la Haine plaide pour une neutralité responsable de l’internet

 

Les dernières semaines ont, à travers le prisme de messages à caractère raciste et incitatifs à la haine publiés sur Twitter, ouvert les yeux du grand public quant au redoutable vecteur de diffusion de la haine que peuvent constituer Internet et ses réseaux sociaux.

 

Ainsi, aux immondes « tweets » d’il y a deux mois marqués des hashtags #unbonjuif et #unjuifmort, ont fort récemment succédé de non moins sordides hashtags tels que #SiMonFilsEstGay, #SiMaFilleRamèneUnNoir ou encore #SiJetaisNazi.

 

La large couverture médiatique de ces événements aura à tout le moins eu le mérite de sensibiliser l’opinion quant au danger que peuvent représenter les réseaux sociaux tels que Twitter ou Facebook, et ce tout particulièrement vis-à-vis des plus jeunes, qui composent une grande partie du public de ces services en ligne et qui se trouvent ainsi aisément exposés à un déferlement de haine dans des proportions inédites jusqu’alors.

 

L’Initiative de Prévention de la Haine, fidèle à la philosophie qui a toujours été la sienne, encourage les différents acteurs du marché, à commencer par les éditeurs des sites de réseaux sociaux eux-mêmes, à développer et proposer à leur (jeune) public un appareil pédagogique efficace de prévention afin de lui apprendre comment réagir s’il se trouve exposé à de tels messages, et, de manière plus générale, afin de contribuer à une sensible diminution de la diffusion virale de tels messages par le jeune public.

 

L’Initiative salue à cet égard les récentes initiatives gouvernementales, et notamment celle de Madame Najat Vallaud-Belkacem, Ministre des droits des femmes et porte-parole du gouvernement, qui a annoncé l’organisation d’une réunion de concertation avec Twitter et les acteurs associatifs les plus concernés, afin de mettre en place des « procédures d’alerte et de sécurité qui permettront que les événements malheureux que nous avons connus ces dernières semaines ne se reproduisent plus ».

 

L’Initiative escompte partager ses pistes de solution avec Madame la Ministre.

 

L’Initiative demeure convaincue que la répression, bien que nécessaire dans certains cas et appliquée par l’intermédiaire de l’arsenal juridique existant en matière de droit pénal et de la presse, ne constitue pas une solution à long terme, et que seules la responsabilisation, la pédagogie et l’éducation permettront la réalisation d’une véritable prévention de la haine, et notamment de celle qui conduit au passage aux actes violents.

 

L’Initiative apporte des solutions concrètes en responsabilisant les acteurs de l’internet sans nuire à la liberté du réseau ni à la neutralité responsable.
L’Initiative de Prévention de la Haine (IPH) est une association sans but lucratif créée entre Paris et Strasbourg et rassemblant des signatures prestigieuses. L’IPH propose une proposition de Loi non contraignante, afin de préconiser aux opérateurs des lignes de conduite responsables quant à la diffusion en ligne, et le recours à une signalétique de prévention afin d’aider les internautes à identifier les sites se revendiquant du principe de la responsabilité et de l’éthique en ligne.

Signataires : Philippe Coen (Président de l’IPH) – David Alexandre (Délégué général de l’IPH)

Site Internet: http://hateprevention.org

Twitter : @hateprevention

Contact : contact@hateprevention.org

L’Initiative salue a décision de l’express d’appeler à la modération des commentaires en ligne, conformément aux recommendations de l’IPH

Voici le texte nouveau prévenant les commentateurs sur les blog de l’express:

« Avertissement de modération Le contenu de cet article peut donner lieu à des commentaires inacceptables sur notre site. Tout message à caractère raciste sera modéré, et l’auteur sera passible de bannissement. Pour la bonne tenue du débat, merci de débattre dans la courtoisie et le respect de l’autre. Si un commentaire vous paraît contrevenir à la charte, merci de le signaler plutôt que d’y répondre et d’envenimer la conversation.  »

 

Ce choix de modération va dans le sens des propositions de l’Initiative de la prévention de la Haine

 

Projet évènement Strasbourg 8-9 et 10 Juin 2013

L’Initiative de Prévention de la Haine envisage de prendre part au

 

« Salon Européen de la Jeunesse et des Droits de l’Homme » 2013

 au Palais de la Musique et des Congrès de Strasbourg


Sous le patronage du Conseil de l’Europe et de la Ville de Strasbourg

L’Initiative et la Presse

Couverture Presse de l’Initiative de Prévention de la Haine:

Press Coverage:

1 – articles de fond – presse et Internet – France

2 – articles de fond – press / Internet – International

3 – articles de fond – séquences audiovisuelles

4 – articles de fond – blogs

5 – annonces Forum octobre 2011

La face noire du Web par Roger-Paul Droit

 

Mille fois par jour, Internet est tour à tour encensé, glosé, scruté, expertisé sous toutes les coutures. Mais il est rare de voir souligner ses zones d’ombre, sa face noire : diffusion massive des haines, du mépris, des incitations à la violence. Pourtant, depuis dix ans, dans le registre de la haine ordinaire, tout a changé.

Roger-Pol Droit

Lu sur …

« On s’étonne d’avoir à le rappeler. Pour le droit français, ce sont là des évidences : contrairement au droit américain, il pénalise les propos racistes, parce qu’ils contreviennent à la dignité humaine, laquelle est au principe même de la démocratie »

La prolifération des sites racistes s’est envolée. La propagande négationniste et néonazie, les imprécations antisémites, les appels au meurtre sont devenus monnaie courante. Islamistes et islamophobes s’en donnent à coeur joie. Les apologies de la domination, de l’homophobie, de la xénophobie, de la misogynie se donnent libre cours dans une concurrence et une émulation consternantes et ignobles. L’historien Marc Knobel, depuis des années, s’est attelé à pister ces dérives et rassemble aujourd’hui ses rapports pour la Commission nationale consultative des droits de l’homme (1). De quoi s’inquiéter vraiment.

Parce que l’abjection est désormais disponible en direct, sans effort, chez tout le monde. En France, il y a une vingtaine d’années, les torchons porteurs de haine étaient relativement rares. Et surtout localisés. Brochures artisanales, distribuées par des réseaux semi-clandestins, planquées dans des arrière-salles, vendues sous le manteau, les discours meurtriers étaient circonscrits. Pour les trouver, il fallait se décarcasser. On choisissait de s’y vautrer ou non, en connaissance de cause. A présent, d’un seul clic, ils sont partout, accessibles à tous, à la maison, capables de surgir à longueur d’écrans, de pages et de blogs – sans lieu, sans adresse, sans responsable, sans éditeur, sans visage.

Si vous, par hasard, vous en doutiez, faites cette simple expérience : googlez « les juifs sont », « les arabes sont », « les noirs sont », « les jaunes sont »… et voyez les milliers de résultats affligeants obtenus en moins d’une seconde. Et ce n’est encore que l’écume du pire. Car toute la boue du monde est à portée de connexion, grâce à la souplesse des réseaux sociaux, l’efficacité de la viralisation, l’impunité de l’anonymat. Cette marée noire monte dans une sorte d’indifférence générale, quand ce n’est pas de complaisante approbation, alors même qu’elle pollue les esprits, plus réellement et plus insidieusement que jamais.

Pourtant, qui proteste est vite traité de ringard, de dinosaure, de censeur, d’ennemi des libertés ! Car l’idéologie des Anonymous, devenue doctrine quasi officielle du Web, prône une liberté totale, sans limites, sans contrôles, sans délits ni poursuites. Pourtant, mépriser sans temps mort et haïr sans entraves n’est pas tout à fait un progrès. On peut et même on doit refuser qu’absolument tout soit dit, sans discrimination aucune. La libre circulation de toutes opinions, quelles qu’elles soient, n’est pas une règle souveraine. En effet, si le XX e siècle a pu nous apprendre quelque chose, c’est bien que certains mots finissent par tuer. Avant les massacres et les génocides, il y a toujours des phrases, des discours, des exhortations, des insinuations et des vindictes. La haine et le mépris, dans ce qu’ils portent d’inhumain, n’appartiennent pas au droit fondamental de la liberté d’expression. C’est pourquoi les racismes et tout ce qui est du même ordre ne sont pas, ne peuvent pas être, opinions parmi d’autres.

On s’étonne d’avoir à le rappeler. Pour le droit français, ce sont là des évidences : contrairement au droit américain, il pénalise les propos racistes, parce qu’ils contreviennent à la dignité humaine, laquelle est au principe même de la démocratie. Le problème nouveau que pose cette face noire du Web n’est pas seulement celui de la censure inefficace et des poursuites aléatoires contre des sites hébergés aux Etats-Unis en toute impunité.

C’est avant tout celui des digues mentales dont chacun dispose. Plus l’internaute est fragile, moins il est éduqué, plus grands sont les risques. Pour l’éducation, la culture, les affaires sociales, c’est un dossier crucial. Il exige de l’inventivité.

(1) « L’Internet de la haine. Racistes, antisémites, néonazis, intégristes, islamistes, terroristes et homophobes à l’assaut du Web », de Marc Knobel, Berg International, 184 pages, 14 euros.

Grèce: le parti néo-nazi ordonne aux journalistes de se lever pour accueillir son Président

Grèce: le parti néo-nazi ordonne aux journalistes de se lever pour accueillir son Président -

Le HuffPost avec AFP  |  Par

Publication: 09/05/2012 16:49 Mis à jour: 10/05/2012 16:26

» Législatives en Grèce: les partis pro-austérité s’effondrent, l’extrême droite néo-nazie et la gauche radicale s’envolent

Quelques minutes auparavant, le service d’ordre avait ordonné à un parterre de journalistes incrédules de se lever à l’arrivée de Nikolaos Mihaloliakos, affublé du sobriquet de « Führer » par la presse grecque. « Levez-vous, montrez votre respect…tout le monde debout », intimait un jeune homme vêtu de noir à l’entrée du chef de file d’Aube Dorée.

« Vous pouvez partir si vous voulez, ne vous seriez-vous pas levé pour Papandreou [le président du Parti socialiste grec, ndlr] ou Samaras [le Président du parti conservateur Nouvelle Démocratie]? », répondait Nikolaos Mihaloliakos aux journalistes qui s’indignaient.

Regardez l’incident et l’ensemble de la conférence de presse:

Discours de Nikólaos Michaloliákos, président du… par cbknikII

Entouré d’une quinzaine de jeunes cerbères à l’air sévère et débarassé des journalistes qui n’avaient pas souhaité se lever pour l’accueillir, le dirigeant du groupe néonazi pouvait dérouler son discours xénophobe et nationaliste. « L’heure de la peur a sonné pour les traîtres à la patrie », a-t-il menacé lors de cette conférence de presse donnée dans un hôtel d’Athènes, nous arrivons ». Nikolaos Mihaloliakos, 55 ans, a aussi cité Jules César en lançant: « Veni, Vidi, Vici ».

Il a ensuite affirmé, avec la faconde habituelle des partis les plus à droite de l’extrême-droite, que son groupe allait lutter contre les « usuriers mondiaux » et « l’esclavage » imposé selon lui au pays par l’UE et le FMI, dénonçant « la presse jaune » et annonçant la lutte de son parti « dans et en-dehors » du parlement.

A son arrivée à la conférence de presse, il avait déjà pris à partie les journalistes étrangers présents, les accusant de répandre des mensonges sur son mouvement, qui a mis en sourdine ces derniers mois ses références directement hitlériennes au profit d’une sorte de national-socialisme à la grecque. « La Grèce n’est que le commencement », avait-il crié dans leur direction.

« Agissant comme des videurs, ils ont montré leur vrai visage »

« La Fédération grecque des journalistes (POESY) met en garde les nostalgiques d’Hitler, et notamment les ‘jeunes hommes courageux en t-shirts noirs’, qu’aucun journaliste ne sera contraint, menacé et surtout pas terrorisé », a réagi l’association dans un communiqué. « Agissant comme des videurs, ils ont montré leur vrai visage. Nous n’avons pas peur de vous. Nous allons révéler votre rôle, nous n’allons pas vous laisser faire », écrit de son côté l’Union des journalistes d’Athènes.

Un climat délétère déjà illustré avant le scrutin par les menaces proférées sur le site Internet du parti néo-nazi à l’encontre de Xenia Kounalaki, journaliste pour le titre de référence de la presse grecque, Kathimerini. Dans un billet d’opinion publié en avril, elle avait qualifié les membres d’Aube Dorée de « brutes nazies » et affirmait que selon elle, le parti n’aurait pas dû être autorisé à participer au scrutin législatif.

» Lisez le reportage du Huffington Post à Athènes avant les élections législatives: le parti néonazi Chryssi Avgi séduit de plus en plus

« L’objectif: pousser les journalistes à les laisser tranquilles »

« La réponse de Chryssi Avgi ne s’est pas fait attendre, écrit EurActiv.fr, un article de 2500 mots révélant de nombreux détails de la vie personnelle et professionnelle de Mme Kounalaki et mentionnant sa fille sans raison apparente a été publié sur le site Internet du parti. ‘Kommt Zeit, kommt Rat, kommt Attentat!’, a écrit l’auteur anonyme de cet article. Toute personne comprenant l’allemand, comme Mme Kounalaki (née à Hambourg), sait qu’il s’agit d’une menace de mort à peine dissimulée. »

« Je ne pense pas qu’ils se montreront violents avec moi physiquement et je n’ai pas peur d’eux. Mais le fait que bon nombre de mes amis et collègues, et même la police grecque, m’aient conseillé d’arrêter d’écrire des articles contre eux pour l’instant est une première victoire pour les membres de Chryssi Avgi. C’est l’objectif de leur campagne de peur. Pousser les journalistes à les laisser tranquilles et à écrire sur d’autres sujets », a expliqué la journaliste à EurActiv.

Cet ex-groupuscule semi-clandestin aux méthodes notoirement violentes et aux thèses racistes et antiparlementaires a obtenu 21 députés sur 300 au parlement grec, avec 6,97% des voix.

Le parti Aube Dorée en images:

Aube Dorée

 
 

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Des militants

Criminaliser l’accès à certains sites web a ses limites

http://www.huffingtonpost.fr/philippe-coen/criminaliser-sites-haines-limites_b_1502932.html

france

Avocat, fondateur de l’Initiative de prévention de la haine

10 mai 2012

Le projet de loi de Nicolas Sarkozy sur la criminalisation de l’accès aux sites de haine et celui du Land de Bavière sur une édition annotée de Mein Kampf ont plusieurs limites.

Les douze mois qui précèdent auront décidément scellé la fin des tabous de la haine raciste et antisémite, de Lars Van Triers à Galliano, de Oslo à Toulouse de la vidéo de Fofana en prison aux récidives de langage du parfumeur Guerlain etc. etc. Cette accélération de haine en libération intervient à l’abord de la fin de la survivance des témoins directs de la seconde guerre mondiale et correspond aussi à la fin de la persistance des droits d’auteurs sur Mein Kampf d’Adolf Hitler, expirant en 2015 (70 ans après sa mort).

Pour y répondre, un des derniers projets du quinquennat de Nicolas Sarkozy, a été de « punir pénalement » toute personne « qui consulterait de manière inhabituelle des sites Internet qui font l’apologie du terrorisme ou qui appellent à la haine et à la violence ». Par delà les problèmes posés par une proposition faite « à chaud », dans l’émotion causée par l’assassinat de sept innocents à Toulouse, le président a eu le mérite d’interroger un facteur relativement nouveau et mal maîtrisé: la diffusion et la réception des contenus de haine sur Internet.

Le réseau mondial est devenu un gigantesque dépositaire de contenus racistes et antisémites. L’exemple de Mohamed Merah montre comment des individus isolés peuvent être radicalisés par la consultation de sites égosillés de haine. Or, l’intérêt pour la haine de l’autre n’est pas nécessairement démonstratif de la haine que l’on porte. La volonté fantasmagorique du contrôle de cet archipel capillaire est, il faut le reconnaître, très difficile et probablement vain.

Mise en œuvre, la proposition de Nicolas Sarkozy risquerait de pénaliser ceux qui s’intéressent au phénomène de l’extrémisme sans être perméable à leurs logiques de destruction sans compter les nombreux chercheurs, journalistes, étudiants qui travaillent sur ces questions. Il faudrait alors donner des autorisations de consultations à des personnes qualifiées, ce qui est bien sûr irréalisable et reviendrait à constituer l’équivalent des index des bibliothèques auxquels seuls des lecteurs choisis pouvaient accéder. L’Internet est un réseau ouvert, mouvant, aux contours incertains. Une législation uniquement française s’avérerait impuissante et une législation internationale utopiste. La question de la simple liberté de lecture et de téléchargement de contenus se poserait très vite, au regard des lois françaises et des directives européennes. Quant à une censure pure et simple des contenus, elle est inenvisageable en démocratie du fait même de l’architecture de l’Internet.

Face à ces difficultés mais aussi à la nécessité pressante d’agir, le cas électrochoc Mohamed Merah nous appelle à inventer des propositions praticables. Mein Kampf (toujours best-seller formidablement diffusé en ligne) en est un exemple emblématique surtout dans le contexte de son arrivée dans le domaine public en 2016. Cette réflexion a fait l’objet d’une initiative de fond d’origine française récente qui rassemble, entre autres, des juristes, des historiens, et des acteurs de l’Internet. L’Initiative de pévention de haine (consultable ici) propose des mesures pour encourager, par voie d’auto régulation, les opérateurs et les éditeurs papier et Internet à utiliser une signalétique (logo) et un appareil critique, distinguant ainsi par la négative ceux qui par extrémisme feraient le choix d’ignorer la mise à distance critique de la haine.

La création d’un Observatoire de prévention de la haine, constitué par un réseau informel d’experts, sera nécessaire pour réfléchir en continu au processus de signalétique. La proposition de réprimer « par un délit figurant dans le Code pénal avec les moyens qui sont déjà ceux de la lutte anti-terroriste » est un encouragement à développer des techniques de contournement et son caractère préventif est bien illusoire et laisse sceptique sur son efficacité.

La proposition alternative à la pénalisation de l’accès haineux est d’aider au discernement et au balisage en ligne plutôt que l’épouvantail improbable du cyber gendarme.

Le Land de Bavière reste quant à lui titulaire des droits d’auteur de Mein Kampf jusqu’en fin 2015 après quoi seul le droit moral du droit d’auteur restera entre ses mains. L’Initiative de prévention de la haine a fait partie des forces qui ont permis de convaincre le Land de Bavière pour réformer son approche à 180 degrés et qu’il annonce tout récemment son projet de publier un version annotée de Mein Kampf. Pourtant les méfaits de la théorie hyper diffusée d’Hitler dépassent largement la région munichoise.

A l’instar du projet de criminalisation de l’accès aux sites de haine proposé par Nicolas Sarkozy, le projet du land de Bavière s’en tient à une idée locale, non concertée, difficilement transposable, sans réflexion transfrontière, pour un défi en ligne qui lui reste solidement global et qui nécessite l’implication des opérateurs de l’internet responsable, à commencer par les moteurs de recherche, porte d’entrée vers la différenciation entre l’éducatif et le haineux.

http://www.huffingtonpost.fr/philippe-coen/criminaliser-sites-haines-limites_b_1502932.html